Ton esprit, Potter, est bien trop faible. Trop faible face à ma puissance.
 

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 Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]

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Chaïm LawMétier/Étude : Sixième année à Poudlard.
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MessageSujet: Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]   Sam 31 Mar - 16:42


Samedi 7 Septembre 1996,

« Dans ma poche un briquet, je fais des étincelles par série de trois.
Réflexe bizarre je sais, mais je voudrais que ce moment s'arrête pas. »

Tic. Tac. Tic. Tac.
Un bruit incessant, régulier. L'horloge ne cessait de le narguer depuis un peu plus d'une demie heure, faisant danser ses aiguilles si lentement qu'il eut cette étrange sensation que le temps avait été ralenti. Les secondes s'étiraient dans une incroyable lenteur, et les minutes prirent une dimension interminable. Allongé sur le lit sur lequel ses affaires avaient été installées à son arrivée, Chaïm semblait sur le point de s'endormir. Lui qui avait prit la résolution de finir l'ouvrage sur la guerre des gobelins, vit son projet revêtir la douce couleur de l'échec. Pour la troisième fois, ses longs doigts glissèrent sur le cuir, et les pages tâchées de noirs s'approchèrent dangereusement de son visage, jusqu'à venir le gifler violemment. Il soupira en réponse, et dégagea le livre qui tomba sur le parquet usé du dortoir des garçons. Paresseusement, le lion ouvrit un œil qu'il avait eu le réflexe de fermer avant la collision. Sa pupille se posa sur le rideau relevé, pendant à la manière d'un simple drap que l'on aurait pris la peine de plier à la va-vite. Il n'avait jamais réellement aimé le rouge. Il l'avait longtemps associé au sang, le siens, ou bien celui d'une personne lui étant proche. Combien de fois avait-il espéré que ce souvenir, dont il lui arrivait de rêver, n'eut été qu'un simple cauchemar ? Une manifestation de son esprit parfois trop fatigué pour assimiler certaines informations. Les voix provenant de la salle commune, qui jusqu'à avaient été un simple bourdonnement à ses oreilles, gagnèrent en puissance, jusqu'à ce que certaines paroles lui parviennent : Quidditch, Coupe du monde, Irlande, Bulgarie. Les pas rapides les suivirent presque immédiatement, et la porte s'ouvrit à la volée, laissant entrer Dean et Seamus. Ils se figèrent en le voyant. Il les comprenait. Avec le temps, le jeune homme avait appris qu'à la manière de la grosse dame, il était devenu pour certains de ses camarades de maison, l'un des fantômes hantant les lieux. Une nuit de pleine lune, ils les avaient surpris assit non loin de la cheminée, se racontant des histoires horrifiques. Gare à toi, où une nuit où la Lune sera entière, Law viendra te tirer de tes songes pour te glisser entre ses griffes acérées, disaient-ils, avant de se mettre à rire.

Puis, après un regard complice dont le sens lui échappa, tous deux lui adressèrent un simple sourire, avant de se jeter sur leur lit respectif, et se faire passer la gazette sportive. Comme s'ils n'avaient jamais remarqué sa présence, les deux sixièmes années reprirent leur discussion là où elle s'était arrêtée, abreuvant le métamorphage de termes auxquels il ne s'était jamais réellement intéressé. Un manque d'intérêt flagrant qui se traduisit par un nouveau soupir las. Il se releva, prenant appui sur ses bras, et repoussa maladroitement la maigre couverture en laine dans laquelle il s'était enroulé. Discrètement, le jeune sorcier enfila ses Rangers dont les lacets menacèrent de lâcher quand il les noua. Avec un ennui palpable, il attrapa sa veste en jean délavée et descendit les quelques marches qui le menèrent dans la salle principale. Elle était vide. Étrangement vide. Dans ses souvenirs, le Samedi, bien que journée leur octroyant une certaine liberté, avait toujours été synonyme de communion au sein de leur maison. Tous se regroupaient sur les canapés, jusqu'à ce que le manque de place forcent certains à s'installer sur les quelques chaises entourant la table, ou bien sur des coussins préalablement déposés à même le sol. Les rires résonnaient alors, faisant vibrer les tympans de chacun suite à des notes joyeuses et aiguës, qu'il avait eu en horreur durant un temps, avant de finalement se laisser bercer par elles, quand les occasions se présentaient. Lentement, il passa ses ongles sur le journal froissé se trouvant entre deux parchemins laissaient à l'abandon. Le titre l'interpella, et il finit par se saisir des quelques pages qui avaient résisté à la poigne féroce d'un autre étudiant. Le massacre du village. Ses sourcils se froncèrent, et rapidement, Chaïm vérifia s'il était bien seul. Il tourna sur lui-même un instant, tendant l'oreille pour discerner le moindre bruit. Satisfait, il prit place sur la table, dégageant d'un revers de main les objets s'y trouvant, les envoyant sur les chaises, ou bien à la limite du précipice. Avec une curiosité morbide, il laissa son regard s'attarder sur la photographie animée. La marque des ténèbres prenait une grande partie du cadre, écrasant dans toute sa magnificence un décor chaotique, jonché de ruines calcinés et de cadavres encore fumants. Son père, en grand cinéphile et amateur de clichés superbement réalisé, l'avait initié à reconnaître les plans, et messages véhiculés par l'intermédiaire d'une simple photo. Bien que ne cautionnant pas spécialement, sans pour autant désapprouver un acte comme celui perpétré par les Mangemorts, la réalisation que la contre-plongé, associée à un dégradé de gris, surmonté d'une touche de noir, était en totale adéquation avec l'émotion que l'auteur avait voulu faire ressortir en appuyant sur l'objectif, fit relever le coin de ses lèvres d'un millimètre. C'était beau, et en même temps repoussant. Mais n'était-ce pas le propre de l'Art ?

Nonchalamment, Chaïm entama sa lecture, relevant quelques points important en posant son index dessus, pour mieux suivre la ligne en le faisant glisser. Cet événement n'était pas sans lui rappeler les actes des Allemands il y a de cela un peu plus de cinquante ans. À la tête d'un partie politique extrémiste, un homme que les vainqueurs avaient qualifié de fou dans les livres d'Histoire, avait placé une ethnie comme étant la cause des problèmes d'un pays. Selon ses dires, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, la race juive devait être exterminée pour purifier ce monde. Pour atteindre son objectif, des rafles avaient été organisées. Avec la répression des nés-moldus ordonnée par le nouveau ministre de la magie, la naissance d'une nouvelle brigade inquisitoriale comme celle ayant régi Poudlard il y a un an, n'était pas à exclure. Les rafleurs, qu'il les nomma en pensée, auraient pour tâche de traquer, capturer et mettre en isolement les individus ne correspondant pas aux critères du système mit en place. Cela comprenait les nés-moldus et leur famille, les résistants cherchant à les aider, comme c'était le cas avec l'Ordre du Phénix, dont l’existence lui était totalement inconnue, ou encore les traîtres ayant pactisé avec l'ennemi. Des camps seraient probablement construits, ou des lieux emblématiques seraient réaménagés pour qu'une terreur sans nom s'empare de quiconque s'y trouverait. Les scénarios se répétaient d'un monde à l'autre, prouvant une fois de plus que la nature humaine n'était pas différente que l'on soit sorcier ou non. Hitler avait été le Seigneur des Ténèbres des moldus. Et dans une guerre, le nom des dommages collatéraux finissait fatalement oublié.

C'est sur cette conclusion, une extrême lassitude visible sur le visage, que le jeune homme lança les feuilles dans son dos, les laissant s'écraser contre le mur. Pour que son nom, ou celui de ses proches ne recouvre pas une ligne d'une gazette que l'on finissait par jeter, il était prêt à se jeter des Rictusempra pour rire sous Crucio. (Expression pour désigner la Technique de l'Autruche.) Il ne comptait pas faire partie de ces héros dont les cicatrices provenant de séance de torture recouvrent le corps. Ils ne parlaient pas, ne criaient que lorsque la douleur était intolérable, mais il savait que ce ne serait pas son cas. Il n'était pas un chevalier prêt à porter secours à un inconnu, non, il faisait partie de ces lâches qui prendrait leur baguette uniquement pour couvrir leur fuite, ou qui vendait un voisin, un ami, dans l'espoir de ne pas attirer l'attention d'un adepte de la magie noire.

Dans un mouvement, semblable à une marionnette, il se laissa tomber, se remettant sur ses pieds. Il replaça sa baguette faîtes d'un bois d'Aubépine dans la poche intérieure de sa veste, spécialement décousue à cet effet, et c'est les doigts coincés dans ses mèches sèches qu'il sortit de la pièce sans un regard en arrière, tandis que sur le sol, à moitié cachée par l'ombre d'un pli, le serpent dansait dans le ciel. Le froid du couloir lui arracha un frisson, et instinctivement, il replia les pans de son manteau contre son torse, croisant les bras pour s'envelopper dans une étreinte solitaire. Le château, même lors des jours les plus ensoleillés, gardait cette fraîcheur écossaise, qu'il maudissait lorsque l'Hiver approchait. Le sixième année quitta la tour d'un pas calme, se dirigeant vers l'extérieur après être passé par le grand hall. Il crut apercevoir Weasley et Granger dans la grande salle, mais ne s'y attarda pas, gagnant le parc après quelques minutes de marche. Le ciel grisâtre offrit à sa tignasse une teinte monotone, qui s'accorda à la blancheur de sa peau qui prit partiellement la couleur des nuages chargés d'eau. Il allait pleuvoir. Il ne faisait pas spécialement frais, plutôt lourd, mais l'air humide transperça ses vêtements. Par habitude, plus que par réelle envie, le jeune sorcier plaça une cigarette à ses lèvres, et l'alluma aussitôt à l'aide d'un briquet bon marché qu'il avait emprunté à Jeremiah, le gérant du restaurant japonais. Il avait dû constater son absence en faisant le ménage peu après sa visite, mais il savait, le connaissant, qu'il ne s'en offusquerait pas. Le plastique d'une couleur verte dépassée rejoignit le fond de sa poche arrière, près du paquet de tabac bas de gamme, au goût fort, presque acide. Une bouffée empoisonnée descendit le long de sa gorge, avant d'être recrachée lascivement entre ses lèvres entrouvertes. Les filins aux nuances de blancs, léchèrent sa bouche, sans qu'il ne cherche à l'expirer en un trait fin. Il répéta l'opération plusieurs fois, les yeux mi-clos, ses longs cils noirs venant caresser les poches violacées se trouvant sous ses yeux clairs. C'était agréable. Ses muscles noués se détendirent, et chaque pas se fit plus léger, son dos voûté se redressant imperceptiblement, lui laissant tout de même cette allure d'adolescent mal dans sa peau, à la démarche parfois maladroite.

Le lac se dessina devant lui, doucement, chaque élément se mettant en place. Les galets, les rochers non loin de la rive, et la grande étendue glacée dont la profondeur abyssale l'avait plus d'une fois stupéfiée. Son étonnement durant la deuxième épreuve du tournoi des sorciers en étant un parfait exemple. Il s'était demandé s'il connaissant un fond, ou si comme l'Océan, l'atteindre était une opération risquée, voir impossible à entreprendre. Le tableau enchanteur se compléta, y ajoutant un protagoniste. Une jeune femme, aux longs cheveux d'ébène, et à la peau d'albâtre, la faisant délicieusement ressembler à une poupée de porcelaine à laquelle l'on n'ose pas toucher de peur de l’abîmer. Mais cette poupée-ci, avait été brisée, et les morceaux arrachés par la souffrance avaient été recollés, lui prêtant un visage gracieux, dont la beauté était gâchée par une ombre malsaine colorant ses yeux. Une brise chaude fit s'envoler quelques mèches de jais de ses épaules, et la ressemblance saisissante avec le mouvement de cape d'un détraqueur, fit descendre une goutte gelée le long de sa colonne vertébrale. Elle dégageait cette beauté dérangeante qu'il aurait volontiers accordée à la photographie qu'il avait admirée un peu plus tôt dans la journée. L'envie de saisir le moment le démangea, mais il se retient, enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon, en sortit un nouveau tube, l'alluma d'un clac caractéristique, avant de s'approcher pour se mettre le dos contre un rocher. Et entre ses doigts ce briquet. Il fit des étincelles par série de trois, ses iris se déplaçant sur l'horizon pour occulter l'artiste se trouvant à quelques mètres à sa gauche.

Clac. Clac. Clac.
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Alhena ShafiqMétier/Étude : Sixième année.
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MessageSujet: Re: Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]   Dim 1 Avr - 1:26



Samedi 7 Septembre 1996,

« J’attends pas grand-chose de spécial. Les jours passent et se ressemblent un peu. Tout le temps la tête dans les étoiles, des tonnes de personnes défilent sous mes yeux.
Pourtant, je me sens si seule. »


Crac. Le bruit caractéristique d'un transplanage résonna dans la pièce. Jusqu'à présent, le dortoir des filles de sixième année de la maison Serpentard n'avait laissé place qu'à un léger son sifflant. Le souffle de la respiration lente et apaisée cessa, se transformant à un léger râle. Elle était irritée d'être réveillée de la sorte. Lith stoppa directement tout mouvement quand elle le comprit et arrêta même de respirer. Elle connaissait la propriétaire de la jambe fine aux os trop saillant qui dépassait de la lourde couette. D'un vert profond et foncé, du moins, c'était l'impression qui se dégageait du tableau offert, elle écrasait le corps malingre de la sorcière. Après ce qui parut une éternité pour la femelle, la vipère effectua un simple mouvement : elle ramena son membre dans la chaleur apportée par le drap qui la recouvrait. C'était comme un signal, une autorisation non formulée pour affirmer à la créature qu'elle avait le droit de vaquer à ses occupations. Elle se remit en marche, d'un pas tremblant et penaud et se dirigea vers la table de chevet à droite de la jeune femme. C'était la sienne, celle qui était affiliée à son lit depuis qu'elle était arrivée à Poudlard. Elle y déposa un plateau repas sur lequel se trouvait une assiette. Dans celle-ci trônait une unique part de tarte à la tomate. La Shafiq ne mangeait quasiment pas et elle savait que si elle ne lui préparait pas ses repas, sa maîtresse oublierait de se sustenter. C'était un maigre repas, bien trop maigre même, mais si la verte et argent mangeait son repas en entier, ce serait une grande victoire. C'était quelque chose de trop rare, mais que pouvait-elle lui dire ? Vous devez manger, maîtresse ! Non, ce serait offensant pour celle-ci et Lith avait beau ressentir une immense tristesse, elle ne pouvait pas se le permettre. Elle n'était qu'un elfe de maison, certainement pas son amie.

Du moins, c'était ce qu'elle croyait, car pour la sorcière, sa domestique était bien son unique amie, l'unique être en qui elle avait une totale confiance. C'était elle qui lui avait tout appris. Elle qui lui avait enseigné ce qu'elle devait savoir du monde magique, elle qui lui avait conté les exploits des grands noms des anciens temps ou de l'air présent. Elle qui venait la consoler ou lui expliquer ce qu'il fallait faire ou non quand elle n'était encore qu'une enfant. Au final et à bien des égards, c'était Lith qui avait éduqué la Shafiq. Et malgré toute l'irritation que pouvait ressentir la sixième année, elle ne lui en tint pas rigueur. D'un geste excessivement lent, témoignant son manque de force physique et de courage mentale, la sang-pure se retourna sous sa couette et la repoussa jusqu'à sa taille. Elle se redressa ensuite et chercha à tâtons, les paupières closes, sa baguette magique. Elle avait pris l'habitude de la placer sous son oreiller quand elle se trouvait au manoir, pour être certaine qu'aucun membre de sa famille eût la folie d'essayer de lui dérober une nuit. Une habitude qui restait même à l'école. Dès que ses doigts fins frôlèrent le bois d'acacia, un fin sourire étira ses lèvres. Léna la prit ensuite bien en main et d'un mouvement souple du bras, sans prononcer la moindre formule, elle fit se replier les rideaux de son lit à baldaquin. À l'aide de ses mains, elle pivota sur le matelas et déposa ses pieds sur la pierre froide. Elle se leva, laissant le tissu glisser contre sa peau laiteuse et s'échouer à demi sur le sol. Ainsi, elle exhiba son corps entièrement dénudée sans s'en formaliser. Il n'y avait qu'elle et sa domestique dans la pièce, qui l'avait vu nue à de nombreuses reprises au cours de sa vie. Elle savait qu'elle aurait pris le temps de remettre ses sous-vêtements si l'elfe lui avait murmuré que l'endroit n'était pas déserté par ses camarades. Les autres filles du dortoir n'avaient pas besoin d'apprendre que l'artiste se déshabillait complètement pour dormir la nuit. Ce n'était pas tellement par choix, mais par une manie que son corps imberbe par magie réclamait. Elle en avait pris l'habitude à force de devoir enlever ses vêtements pour supporter la douleur la nuit et enfin pouvoir fermer l’œil.

Levée, Alhena se résolut à enfin ouvrir les yeux, laissant voir ses étranges iris bicolores. Elle balaya la pièce d'un regard ennuyé, avant de poser ses pupilles sur le réveil mécanique qui se trouvait juste derrière le repas préparé par sa servante. Onze heure cinquante-sept. Avec un soupir à fendre l'âme du Baron Sanglant, la vipère serpenta jusqu'à la salle de bain attenante à leur chambre pour se placer dans la douche. Elle laissait toutes les portes ouvertes, sans même prendre le temps d'y réfléchir. Les filles devaient prendre leur repas pour le moment, elle pouvait se le permettre. La baguette toujours en main, la demoiselle la pointa sur le robinet et activa l'eau brûlante d'un mouvement. Elle ne bougea plus pendant de nombreuses minutes, la tête rejetée vers l'arrière. La sensation de brûlure sur sa peau lui faisait étrangement du bien. La caresse de l'eau chassa les dernières brumes de son esprit, lui permettant de sortir de son état sommeilleux. La sang-pure se redressa petit à petit. Son dos se courba de façon à mettre le peu de poitrine qu'elle possédait en valeur et son menton se redressa d'un demi-millimètre. Ce n'était pas assez pour être remarqué, mais suffisant pour paraître plus impressionnant qu'on ne l'était. D'un geste bien plus vif, elle attira jusqu'à elle son gel-douche aux discrètes effluves de lys. Paradoxale. Le lys représentait la pureté et Cassidy Snow avait arraché celle de la Serpentard très tôt. Après une dizaine de minutes à paresser, la dessinatrice arrêta le liquide. Son elfe se trouvait déjà devant la porte. Elle lui tendit une serviette, dans laquelle l'adolescente s'enroula avant de se placer devant le miroir. Maigre. Squelettique. C'était l'image qu'il lui renvoyait narquoisement et sa lèvre supérieure se releva en une moue de dégoût. Elle détestait son corps. Il était le témoin indirect de la faiblesse qui l'avait rongé durant des années. La magie lui permit de sécher sa longue chevelure ébène, qu'elle laissa lâche, se contentant simplement de la démêler, après quoi elle se détourna du verre insultant pour récupérer ses vêtements. Elle enfila rapidement ses sous-vêtements en soie, avant de mettre le jean moulant faussement délavé et le débardeur au dos nu, avec une unique attaque à l'arrière du cou, d'une couleur sombre et aux motifs complexes, que la créature avait préparé pour elle. Les vêtements pouvaient faire penser à des achats moldus, mais il n'en était rien. Les habits qu'elle portait à présent avaient été achetés sur-mesure sur le chemin de traverse, dans une boutique spécialisée.

De retour dans sa chambre, Alhena laissa le soin à Lith de ranger ses affaires et de refaire son lit. Uniquement pour lui faire plaisir, elle se dirigea vers sa commode et récupéra la part de tarte qui l'attendait toujours. Elle força son jeu d'actrice pour la dégustation, chaque bouchée lui donnant l'impression d'aspirer de la cendre tant elle n'avait plus goût pour la nourriture depuis des années. Ses papilles n'avaient plus l'habitude de découvrir de nouvelles saveurs, qu'elles associaient automatiquement à celles que la vipère trouvait immondes. Pour faire passer le goût désagréable, la Serpentard verrouilla sa valise et y récupéra sa bouteille de whisky pur-feu. Elle en prit quelques gorgées, les yeux mis-clos et un sourire fin étira la commissure de ses lèvres quand le liquide glissa le long de sa gorge. Elle la reposa ensuite à sa place et verrouilla son bagage. Avant de quitter définitivement la chambre, elle prit soin de se brosser les dents, puis s'en alla sans un regard en arrière après avoir récupéré son sac en cuir, à bandoulière. Lith l'observa s'en aller et, bien que la jeune femme ne le sut jamais, elle cria de joie en voyant qu'elle avait laissé l'assiette vide.

La salle commune vide, la demoiselle la traversa d'un pas rapide qu'on ne lui connaissait pas. Ce ne fut qu'en sortant dans le couloir qu'elle ralentit la cadence, se plaçant instinctivement au centre du corridor. Elle fit le trajet jusqu'au hall d'entrée sans croiser âme qui vive. C'était presque à croire que la Marque des Ténèbres flottait dans les cachots et que personne ne voulait s'y rendre. Bien entendu, il s'agissait de l'entre des serpents et les préjugés voulaient d'eux qu'ils fussent des adeptes de la magie noire au mieux, des futurs Mangemorts en devenir dans le pire des cas. Les autres élèves n'avaient pas totalement tort, car nombres d'entre eux pouvaient devenir des bourreaux du Seigneur des Ténèbres, mais n'était-ce pas cette intolérance qui avait créé des différences ? N'était-ce pas les trois autres maisons qui avaient façonné celle des vertes et argents en paria ? La torture psychologique que les siens subissaient les rendait à terme dangereux. Dire à un enfant qu'il deviendra un mage noir est une erreur, car l'enfant peut réveiller des rêves de grandeur. Était-ce ainsi que le Lord Noir était devenu ce qu'il était à présent ? Il n'y avait aucun moyen de le savoir, mais Alhena l'imaginait bien ainsi, car si c'était le cas... Elle lui ressemblait et l'idée même la séduisait plus qu'elle ne se l'avouait.

Le professeur de métamorphose sortait de la Grande Salle quand elle passa dans le hall d'entrée et la Shafiq se força à la gratifier d'un sourire. Un sourire qui sonna terriblement faux, arrogant et narquois. Elle se détourna d'elle ensuite et se dirigea directement vers le parc. Quand elle passa la porte, l'air humide pénétra ses vêtements de la même manière qu'il le ferait avec son camarade dans quelques minutes. Elle ne s'en formalisa pas, même si le temps rendait son haut plus transparent qu'il devait l'être, ne laissant plus place à l'imagination et permettant d'apercevoir en détails le soutif bleu nuit qu'elle portait. De très bonne facture, même si elle ne le remarquait pas, il était légèrement rembourré pour lui offrir l'illusion d'une poitrine plus généreuse que la réalité. Après quelques secondes totalement immobile, elle se remit en route. Elle se dirigea vers le lac inconsciemment, laissant ses pieds l'y mener sans résister. Les personnes qui la croisèrent l'observèrent comme à l’accoutumé, fascinées et envieux. Elle dégageait toujours cette prestance qui poussait certaines personnes à se retourner sur son passage, à poser leurs yeux fiévreux sur son corps ; ce corps qu'elle détestait tant et qui, paradoxalement, lui permettait d'attirer ses œillades qu'elle haïssait, mais savourait. Était-ce dû à sa pâleur pouvant faire penser à une poupée de porcelaine ou à sa longue chevelure sombre qui cascadait sur son dos et qui ondulait au grès du vent à la façon de la cape d'un détraqueur par un souffle surnaturel ? Rien de tout cela en réalité, ils l'observaient à cause de l'aura malsaine qui l'entourait.

Arrivée à destination, la sang-pure s'installa sur les galets qui entouraient l'immense bassin. Elle replia ses jambes suffisamment pour s'offrir un support et sortit son calepin et un crayon gris. D'un coup de baguette vers la mine, elle la tailla parfaitement avant d'ouvrir l'ouvrage sur une nouvelle page vierge. Elle avait terminé son dernier dessin juste avant de retourner dans l'établissement et il était temps d'en recommencer un nouveau. Avec des gestes experts et lents, l'artiste commença par dessiner un ciel étoilé, qui possédait une belle et brillante pleine lune. Elle noircissait la feuille depuis une vingtaine de minutes quand un mouvement à sa droite la fit stopper son mouvement et relever légèrement la mine. Elle n'aimait pas l'idée d'être observé quand elle laissait parler sa part artistique et ne supportait pas la perspective qu'un de ses dessins fût vu par autrui. Elle ne bougea pas d'un millimètre pour autant, se contentant de suivre le reflet que la personne laissait voir sur l'eau calme. Il la dépassa sans un regard et alla se placer à quelques mètres. Occultait-il sa présence ? Elle détestait être visible, mais elle haïssait plus encore quand elle paraissait invisible. Elle avait ce besoin irrémédiable et insupportable de ne pas être ignorée. Elle dépendait des regards des autres. Superficielle. C'était peut-être le bon mot, mais c'était un besoin vital pour Léna. Si elle n'avait pas su attirer les regards, si elle n'avait pas su se faire voir, l'école aurait déjà connu un drame. Combien de fois, les deux premières années, s'était-elle placée proche du vide de la tour d'astronomie, observant le précipice en serrant fortement la barrière et en se retenant de lâcher pour mettre fin à ses souffrances ? Alors, elle préféra ne pas y penser, même si l'idée l'intrigua et l'agaça. Clac. Clac. Clac. La sorcière essaya de se concentrer sur son œuvre. Clac. Clac. Clac. La mine de son crayon commença à tracer la limite entre le ciel et la terre. Clac. Clac. Clac. Shafiq délaissa son dessin et d'un geste vif, elle referma son calepin, qu'elle rangea dans son sac. Clac. Clac. Clac. Il ne la regardait pas, mais faisait savoir sa présence. Cherchait-il à l'agacer ? Si c'était le cas, c'était réussi. Toutefois, Alhena se fit la réflexion qu'il avait la subtilité d'un bombardia (qu'il avait la subtilité d'un coup-de-poing), en bon Gryffondor qu'il était. Les lions étaient visiblement tous les mêmes et pour se faire comprendre d'un imbécile, mieux valait lui parler dans un langage clair et concis. Clac.

« Tu veux que je te le fasse manger, ton briquet ? demanda la vipère d'une voix froide après s'être relevée et retournée dans sa direction. Non ? Tu es sûr ? Bien, alors je te conseille de le ranger. »

Pour seule réponse, le rouge et or observa son briquet sans bouger pendant quelques longues secondes, avant d'aller chercher un paquet de cigarettes bon marché dans la poche arrière de son jean. Il en sortit une. Clac. Clac. Alhena claqua sa langue contre son palais quand il recommença, mais il finit par obtempérer et ranger son briquet. Il ne disait toujours rien et la Shafiq fronça légèrement les sourcils sous la perplexité. Ou était donc passé le stupide courage des lions ? Où étaient les crocs et les griffes acérés ? Elle le détailla longuement sans dire un mot, son regard se faisant progressivement calculateur. Asiatique, des vêtements qui ne laissaient aucun doute sur sa situation financière et enfin, des cheveux et des yeux bleus. Étrange était le bon mot. Elle se rapprocha de lui d'une démarche féline, lascive, pour venir lui arracher la cigarette des lèvres et la placer entre les siennes. Elle aspira une goulet, grimaçant à cause du goût prononcé du tabac, avant de recracher les effluves blanches par la bouche, lentement. La fumée ondula autour de son visage et créa une ressemblance frappante avec le visage d'un fantôme. Son vis-à-vis n'avait pas besoin de fumée pour créer cette image, lui.

« Chez moi, on appelle ça un baiser indirect, expliqua le félin d'un ton ennuyé, en récupérant son tube.
Oh ? fit la vipère d'un ton amusé, en se léchant la lèvre supérieure. Le geste aurait pu paraître lambda en d'autres circonstances, mais elle se rapprocha dans le même mouvement, le rendant sensuel. Tu préférerais un baiser direct, peut-être ? »

La demande pouvait paraître étrange et elle l'était, mais la sorcière était passée de l'agacement à une humeur joueuse suite à la remarque de son camarade. Tout en lui posant la question, elle se rapprocha de lui, jusqu'à venir presque coller son corps contre le sien, plaçant ses deux mains sur la roche pour entourer son visage. Elle créait ainsi un semblant de cage. Allait-il sortir les crocs, cette fois-ci ? Les griffes peut-être ? Rien de tout cela n'arriva au début et elle fut déçu, mais son attention fut attirée par un changement sur le physique de l'Asiatique. Un changement discret, minime, mais fascinant et elle dut combattre son envie de lire son esprit pour en être persuadée. Une autre fois, sans doute, car le jeune homme venait d'attiser une curiosité qu'il aurait mieux valu garder endormi. Il venait de réveiller la bête. Law était métamorphomage. Intéressant.

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Avec l'autorisation de Chaïm pour PNJiser son personnage.

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Chaïm LawMétier/Étude : Sixième année à Poudlard.
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MessageSujet: Re: Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]   Mer 4 Avr - 17:29


Samedi 7 Septembre 1996,

« Dans ma poche un briquet, je fais des étincelles par série de trois.
Réflexe bizarre je sais, mais je voudrais que ce moment s'arrête pas. »


Clac. Clac. Clac.

La flamme dansa devant ses yeux à trois reprises. Il avait toujours été fasciné par le feu, et ce, depuis son enfance. Si la pluie avait eu un réel impact sur ses états d'âme émotionnels d'adolescents, il en était de même avec la chaleur dangereuse d'une bougie, ou bien encore, l'interdit représenté par un briquet et une cigarette. Combien de fois, s'était-il amusé à passer le bout de ses doigts d'enfant trop près de la cire encore chaude ? La douleur qu'il avait ressentie n'était rien comparée aux sentiments paradoxaux l'ayant secoué lorsqu'il avait acheté son premier paquet de poisons aux saveurs acides et bien trop fortes pour des poumons encore en développement. La première fois qu'il avait déposé un tube toxique aux coins de ses lèvres, il avait ressentit une pointe d'excitation à l'idée que son geste, pourtant anodin, pouvait être surpris et rapporté à son père. C'était étrange, mais la première bouffée de tabac lui était apparu comme un second souffle, empoisonné certainement, mais salvateur pour son esprit ankylosé par les brumes du chagrin et de la déception vis-à-vis d'une vie dont il avait appris à se moquer, tant le pathétique ressortant de chaque situation lui paraissait effrayant et hilarant à la fois. Blesse ton ego avant que quelqu'un ne le fasse pour toi, une phrase que lui répétait souvent son père, le tenant lui-même de ses parents dont la présence ne lui avait jamais réellement manqué. On ne pouvait pas se plaindre de l'absence d'une chose que l'on a jamais connu, comme disaient les plus sages. Pourtant, ainsi assit contre un rocher sur un sol humide et glacé, la nostalgie d'une vie inconnue, un fantasme irréalisable et inavouable s’immisça entre deux pensées banales et pessimistes.

Clac. Clac. Clac.


L'idée même d'une conversation normale avec la jeune femme à ses côtés, lui parut aussi absurde qu'une bonne note en potions, avec Snape comme enseignant. Cela relevait plus du songe duquel on se réveille rapidement, puisque bien trop illogique et improbable, que du souhait sincère et atteignable. La barrière formait par deux blasons et préjugés les accompagnant fatalement semblaient s'être dressée entre eux dès lors qu'une voix forte leur avait crié leur appartenance. Tu seras brave, altruiste et fier, jamais lâche et raisonnable, tu devras être rusée et ambitieuse, aucunement courageuse et juste. C'était ainsi que Chaïm avait interprété les quelques paroles du chapeau que l'on avait déposé sur sa tête, le simple nom d'une maison prenant l'aspect moyenâgeux d'une case, d'une prison dans laquelle être différent n'est pas options, mais un acte à proscrire sous peine de perdre le groupe qui aurait dû être un nouveau foyer. L'image d'un punk au milieu d'une caste de la haute société, tous vêtue de costumes plus hors de prix les uns que les autres, lui parut appropriée. C'était un peu comme être un lion sans griffes et sans crocs acérés, ne grognant que de faim ou de peur, ou bien encore, un serpent dépourvu de venin et d'envies mégalomanes de domination du monde, comme un blaireau sans instinct de protection et ne connaissant que le verbe juger, et un aigle ne sachant pas voler plus haut que le sommet montagneux de sa propre idiotie. La magie ne commet pas la moindre erreur pour votre répartition, vous serez exactement où vous étiez destiné à aller, lui avait-on dit lorsqu'il avait posé son regard incrédule sur le lion déformant la banderole rouge et or. Alors, pourquoi ? Pourquoi en cet instant, se sentait-il plus proche d'une vipère que de n'importe quel félin se pavanant au milieu d'un couloir ?

Clac. Clac. Clac.

Tel deux fantômes oubliés, ils se trouvaient là, à quelques mètres l'un de l'autre, chacun penché sur une occupation plus ou moins passionnante. La sorcière aux longs cheveux d'ébène et à la peau si diaphane que les faibles rayons gris lui offrait un teint surnaturel, était penchée sur un calepin en spirale, qu'il avait tant vu chez les dessinateurs de rue. Ils clamaient que pour cinq cents, ils pouvaient dessiner ce que l'on avait à l'esprit, ou bien un portrait réaliste d'un visage qu'il avait devant eux. Il ne la connaissait que de nom, et compte tenu de son peu d'intérêt pour ses semblables dont la ressemblante s'avérait être trop abstraite pour qu'il y prête un peu d'attention, son prénom lui avait échappé. Elle ressemblait par sa présence et sa démarche à tant de jeunes filles mal dans leur peau, cherchant les regards par des mouvements aguicheurs, voluptueux et sensuels. Des déhanchés féminins, prouvant que le mal-être caractéristique d'un âge tourmenté et douloureux pour un bon nombre d'entres eux, n'avait pas épargné l'aristocratie du monde sorcier. Le métamorphomage n'était pas dupe. Ils n'entraient pas dans une case similaire, de part les animaux les représentant le plus fidèlement possible, et une classe sociale fondamentalement opposée. La richesse transpirait de chacun de ses mouvements de poignets délicats, sur lesquels il osa poser un regard indéchiffrable, mêlant ennuie et appréciation impromptue et sans-gêne. Tout en elle lui inspirait la grâce de la haute société dépeinte dans les nombreux romans qu'il avait épluché durant ses heures de libre. Ses longs doigts d'une finesse quasi parfaite pour les standards des magasines, ses longs cils interminables, frôlant des pommettes saillantes et possiblement coupantes, mais également une peau sans tâches qu'aucun membre de la classe moyenne, ou basse, ne pouvaient rêver de posséder. Elle était un peu comme un ange à la longue robe blanche que l'on peut admirer dans les vieux films en noir et blanc, pure et intouchable, mais en même temps, des ailes sombres, tranchantes et dangereuses avaient prit place entre ses omoplates laissées à nues, pour venir fendre l'air dans un mouvement impitoyable. Une scène qu'il aurait souhaité lui-même écrire et immortaliser, si la perfection du tableau ne l'en avait pas dissuadé. Tandis, que lui, il ne faisait que malmener une pierre avec une motivation sans bornes, faisant résonner un bruit agaçant, répétitif après chacun de ses tics.

Clac. Clac. Clac.

Les deux billes bleu clair se baladèrent sur la silhouette longiligne et étrangement maigre de la sorcière, en appréciant pour la première fois les nuances charmeuses et dangereuses se dégageant d'une aura gravitant autour de sa personne. La comparaison avec le détraqueur qu'il avait fait auparavant en pensée, lui parut tout à fait de circonstance, quand à nouveau, une brise tiède secoua sa longue chevelure, emmenant dans son sillage quelques mèches qui ondulèrent lentement, avant de finalement s'affaisser et retrouver la pâleur de ses épaules. Comme ses créatures, intimidantes et fascinantes, l'on ne pouvait s'empêcher de lui lancer une œillade curieuse, lui prêtant une attention sordide. Pudiquement, Chaïm détourna le regard, revenant à la flamme éteinte, et à l'odeur d'essence remontant à ses narines. Il se fit un instant la réflexion qu'il allait l'épuiser rapidement, à force de tromper l'ennui de cette manière, mais inconsciemment, cela avait été la seule chose dont il s'était senti capable. Il ne pouvait pas parler, ni regarder inlassablement un paysage dont les contours familiers n'avaient plus de secret pour lui. Il fumait, même si les dernières volutes de fumée s'achevèrent après une dernière lampée moins profondes que les précédentes. Ses poumons se trouvèrent à nouveau asséchés par l'air humide britannique, et le jeune homme résista à sortir un tube bienfaiteur de sa poche. Jeremiah aurait certainement dit que l'idée était mauvaise pour sa santé, mais pouvait-il seulement écouter les conseils d'un homme dans la fleur de l'âge, qui avait encrassé ses bronches aussi sûrement que la pluie était le temps principal de l'Angleterre.

Clac. Paf.

Le mouvement sec à sa gauche fit briller un instant une lueur d'amusement dans ses iris, avant que l'ennui n'y reprenne une place dominante. Il n'eut pas besoin de tourner les yeux en direction du bruit pour comprendre ce qui venait de se passer. L'agacement et l'irritation devaient avoir eu raison de l'ange morbide se trouvant non loin, et il se trouvait en être une cause directe. Le coin de ses lèvres s'étira brièvement en une esquisse de satisfaction qui s'affaissa aussi rapidement qu'elle avait fait son apparition sur son visage, pour finalement garder un œil nonchalant sur le briquet vert entre ses doigts, le pouce fermement posé sur la roulette reliée à la pierre. L'ongle se souleva, lentement, mais sûrement, et alors qu'il allait terminer sa série, une voix piquante et froide le fit s'arrêter.

« Tu veux que je te le fasse manger, ton briquet ? Non ? Tu es sûr ? Bien, alors je te conseille de le ranger. »

Le plastique était-il seulement comestible ? Une question qu'il se posa, en gardant son attention figée sur l'objet moldu. Il ne connaissait pas la composition exacte, mais la perspective que son premier repas serait constitué uniquement d'essence et d'un matériau dont le goût devait sans doute laisser à désirer, l'encouragea à ne faire aucun commentaire. Chaïm n'était pas un idiot, et la témérité, il la laissait volontiers aux autres, quitte à passer pour un lâche. Après quelques secondes d'hésitation, le jeune homme sortit son paquet de cigarettes de la poche arrière de son pantalon, et d'un mouvement de poignet connaisseur et habituel, il fit sortir l'un des nombreux tubes blancs de son contenant froissé. Il le plaça entre ses lèvres fines, ne tournant à aucun moment son faciès en direction de son interlocutrice. Plus par manie que par utilité, il claqua la pierre une fois dans le vide, avant que d'une deuxième pression sèche, il fit rougir le bout du poison.

Clac. Clac.

Sans plus attendre, après le claquement de langue énervé, il décida que la meilleure solution était sans aucun doute d'obtempérer. Son jouet rejoignit le fond de sa poche de veste en jean, coincé entre un paquet de bonbons usagés et des clefs qu'il n'avait pas eu la présence d'esprit de laisser dans sa malle depuis la rentrée. Persuadé qu'après une menace à peine voilée, elle se désintéresserait de lui, il détailla le lac s'étendant devant lui. L'eau était sombre, bien plus que les points d'eau londoniens qu'il avait eu l'occasion d'admirer. Mais avant qu'il ne puisse s'attarder sur des détails somme toute importants pour son esprit pointilleux, le tube quitta sa bouche pour atterrir contre celle certainement plus attrayante d'Alhena.

« Chez moi, on appelle ça un baiser indirect, crut-il judicieux d'expliquer, d'un ton plat et ennuyé. S'il avait pensé une seconde que sa remarque, pourtant anodine, pouvait avoir la moindre importance et qu'il n'y avait aucune chance qu'elle soit interprétée autrement que comme un renseignement visant à faire la conversation, maladroitement, certes, il comprit rapidement que ce ne fut pas le cas, puisque la réponse de la jeune fille ne se fit pas attendre.
- Oh ?, commença-t-elle d'une voix doucereuse et amusée. M*rde. Presque timidement, il leva ses yeux en sa direction, et déglutit devant le jeu auquel elle semblait s'adonner. Comme un chat face à un prédateur, il reste figé, hypnotisé devant sa gestuelle ô combien lente. Il suivit donc le trajet de sa langue sur sa lèvre inférieure, sa propre bouche s’entrouvrant légèrement pour laisser sortir un nuage de fumée blanchâtre qui serpenta lascivement le long de son menton et qui par une brise voluptueuse, remonta devant son regard. « Tu préférerais un baiser direct, peut-être ? »

Il n'esquissa pas le moindre mouvement, retenant son souffle à son approche. Deux mains se placèrent de par et d'autre de sa tête, lui donnant une sensation d'oppression, de laquelle il voulut autant se défaire que s'abandonner. Il n'était qu'un adolescent après tout, et si la distance qu'il mettait involontairement entre lui et le monde l'entourant l'avait préservé de telles réactions, la proximité soudaine entre leurs deux corps, lui rappela soudain la faculté qu'il possédait depuis la naissance. Ses yeux changèrent de teinte, jonglant d'un bleu cristallin à un violet pastel qui s'étala dans son iris en partant de sa pupille, à la manière d'une tache d'encre sur du papier. Law inspira une lampée de tabac, plantant ses canines dans le filtre pour se donner une certaine contenance, tandis qu'il tentait de reculer, vainement bien évidemment, son dos étant déjà contre la pierre. Il expira par le nez, nerveusement, et jugea que planter son regard dans celui de la Shafiq était une mauvaise idée, il fixa un point invisible par-dessus son épaule.

« C'est tentant, mais ne va pas te salir avec un Gryffindor. », rétorqua-t-il après une longue minute de silence, où il tenta de lutter contre sa gêne. S'il avait attisé sa curiosité, il ne s'en formalisa pas. Rapidement, et après sa réponse, il plaqua ses paumes froides sur les épaules nues de la sixième année pour la faire reculer, et c'est avec un soulagement qui se traduisit par un léger soupir, faisant ressortir deux traits gris de ses narines, qu'il l'observa prendre une distance qu'il estima un peu plus raisonnable. « Chaïm. Chaïm Law. On commence par ça, même chez moi. »

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Alhena ShafiqMétier/Étude : Sixième année.
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MessageSujet: Re: Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]   Sam 7 Avr - 18:00


Samedi 7 Septembre 1996,

« J’attends pas grand-chose de spécial. Les jours passent et se ressemblent un peu. Tout le temps la tête dans les étoiles, des tonnes de personnes défilent sous mes yeux.
Pourtant, je me sens si seule. »


« L'art est avant tout une question de ressenti, miss. Vous ne devez pas voir un tableau avec vos yeux, vous devez l'admirer avec votre cœur. » C'était une phrase qu'une belle femme lui avait enseigné, alors qu'Alhena se retrouvait dans une exposition, entre sa quatrième et sa cinquième année. Andrew Peterson refusait toujours de lui enseigner l'art de lire les esprits, alors la future Lady tuait le temps comme elle le pouvait. L'art avait toujours suscité un grand intérêt, sous toutes ses formes, pour la demoiselle, sans qu'elle comprît la provenance d'une telle attirance. Depuis sa plus tendre enfance, le dessin avait toujours eu une place importante dans sa vie. C'était un exutoire, un moyen d'oublier ses malheurs. C'était naturel qu'elle devînt, à terme, une amatrice de belles œuvres. Elle ne le savait pas, mais elle, Alejandre Gartzia, une femme originaire d'Espagne, l'avait bien compris à sa place. D'une trentaine d'années, tout au plus, la sorcière avait passé toutes les années de sa vie, depuis sa sortie de BeauxBâtons, à voyager à travers tous les pays du monde pour dénicher les créations les plus atypiques. Elle était venue ensuite les exposer en Europe, son voyage l'arrêtant à Londres, sur le chemin de Traverse. Léna avait été sa première cliente et pendant deux heures, elles avaient discuté. Depuis ce jour, la jeune femme voyait le monde différemment. Sa perception avait évolué. L'art était devenu une raison de vivre. Et Alejandra, sans même le comprendre, lui avait enseigné que tout pouvait, absolument et irrémédiablement tout pouvait être de l'art.

L'art ne se regardait pas avec les yeux. L'art s'admirait avec le cœur. L'art était se mélange contradictoire d'émotion que l'on pouvait ressentir en observant un tableau, en lisant un livre, en détaillant une sculpture, mais pour la sang-pure, ça ne s'arrêtait pas à ces quelques exemples. Où se posaient ses yeux, l'art se développait et prenait de nombreuses formes, faisait venir à elle des émotions et sentiments qu'elle n'osait pas assumer. C'était exactement ce qui s'était passé dans son esprit avec Law. Les réactions qu'il avait eues étaient son art. La forme qu'elle préférait haïr. Elle aimait cette idée de pouvoir faire naître de nombreuses réactions chez les individus qu'elle croisait. Elle se sentait étrangement vivante, mais paradoxalement, elle détestait cette manière de l’apercevoir. Elle n'était pas idiote et elle savait qu'elle avait dénaturé les propos de la passionnée. Sa perception était erronée par ses envies destructrices, mais paradoxalement, c'était ce besoin qui l'avait façonné ainsi. Aurait-elle apprécié ces expériences si elle avait vécu avec ses parents, entourée et aimée ? Elle se plaisait à croire que oui, mais elle se doutait du mensonge. Et puis, de toute façon, ils n'étaient plus là. Ils l'avaient abandonnée. Rêver d'une vie avec eux était une idiotie, une malice de son esprit torturé pour l'enfoncer plus profondément encore dans les ténèbres qu'elle se plaisait à cultiver.

« Chez moi, on appelle ça un baiser indirect, expliqua Law d'une voix égale.
Oh ? »

Law avait l'air de ces personnes qui s'ennuyaient de tout. Aussi solitaire qu'elle, Alhena avait la fugace impression qu'il lui ressemblait, mais que le tableau n'était pas exactement le même. Le sexe, l'âge, la maison, les origines, tout cela n'avaient aucune importance pour la jeune femme. Tout ce qu'elle voyait était un miroir fissuré. L'interrogation était de savoir, maintenant, de quel côté. Pourquoi avait-elle l'impression qu'il avait cette possibilité d'être heureux que le destin, la magie, Merlin ou elle ne savait qui lui refusait ? Pourquoi n'avait-il pas cette étincelle, devenue brasier, dans le regard, alors qu'il possédait cette même expression ? Il était un animal blessé, en fuite d'une réalité trop brutale, comme elle. Tout dans son attitude le hurlait aussi sûrement qu'un loup-garou hurlât à la pleine lune avant sa chasse. Pourquoi ne possédait-il pas cette rage, cette haine violente qui devrait consumer ses yeux ? Elle voulait le découvrir, elle voulait des réactions. L'amusement qu'elle ressentit cachait un autre sentiment, qu'elle ne pouvait pas laisser transparaître, qu'elle refusait de comprendre.

À la manière d'un serpent qui vint onduler son corps pour hypnotiser sa proie, la sixième année effectua quelques mouvements lascifs en se dirigeant vers le lion blessé. De ses deux bras, elle l'enferma dans une cage. Elle pencha son corps au-dessus du sien et approcha ses lèvres rosées près de son oreille. Elle susurra quelques mots d'une voix qui trahît son amusement.

« Tu préférerais un baiser direct, peut-être ? »

Une voix attrayante, qui offrait une multitude de possibilités. Le briquet agaçant scellé dans la poche arrière de son jean délavé en était une preuve. Il aimait jouer avec le feu. Elle lui offrait un brasier. Incolore et indolore, il n'était pas perceptible physiquement. Les flammes qu'elle lui offrait prenaient une autre forme. Subtiles, mais terriblement sournoises et insidieuses, elles s'attaquèrent à Law. Le résultat ne se fit pas attendre. Elle observa la tache d'encre s'étaler jusqu'à englober entièrement les iris du Gryffondor. Les dents d'Alhena étincelèrent une seconde sous la lumière du soleil, puis la barrière de ses lèvres se referma. Elle avait sa réaction. Elle pouvait repartir, le laisser là sans comprendre ce qu'il venait de se passer et réfléchir à comment l'obtenir. Un homme capable de changer d'apparence pouvait être d'une grande utilité. Pourtant, elle ne bougea pas. Elle n'avait qu'une esquisse, elle voulait le tableau.

« C'est tentant, mais ne va pas te salir avec un Gryffindor, répliqua le rouge et or après une bonne minute d'un silence de mort.
Me salir ? murmura la Shafiq en ne bougeant pas de sa posture. Son souffle venait chatouiller l'oreille du jeune homme. C'était voulu et terriblement amusement de comprendre la gêne qu'il pouvait ressentir. Si je me salissais, je ne serais pas aussi proche. »

De sa main droite, avec son index, elle vint caresser la joue du lion. Elle se plaça parfaitement face à l'élève et laissa presque choir son corps sur le sien, venant le presser avec un amusement malsain. Son ongle vint effleurer la peau de l'Asiatique et l'Anglaise vint poser ses lèvres contre son oreille, sans l'embrasser, sans le mordre.

« Si je veux... me noircir, m’entacher, m'encrasser. Si je veux me souiller avec un Gryffondor, c'est ce que je veux et ce que je veux, je l'ai toujours », expliqua la Serpentard avec une voix basse et sérieuse.

Quelques secondes après, il n'attendit pas et déposa ses mains sur ses épaules dénudées. Un frisson incontrôlé remonta le long de sa colonne vertébrale. Un frisson qu'elle détesta à la seconde même où il apparut, comme elle détestait ce corps. Elle n'aimait pas quand quelqu'un la touchait. Il fallait qu'elle amorçât le mouvement, qu'elle offrît à la personne l'autorisation de pénétrer dans son espace vital, mais si ça ne venait pas d'elle, elle ne parvenait pas à supporter le moindre contact. Si, celui de son elfe ; l'unique proximité qu'elle appréciait était celle avec Lith. Les autres... C'étaient ses désirs et ça lui permettait d'accepter. Jamais l'inverse, mais n'avait-elle pas ouvert les hostilités ? Ne lui avait-elle pas explicitement avouée qu'il possédait cette fameuse autorisation, sans avoir à le formuler ? Elle se laissa repousser, se dégagea le plus discrètement possible du toucher. Elle ne voulait pas qu'il comprît sa faiblesse, si ce n'était pas déjà le cas à cause de la secousse imperceptible qui avait traversé son dos. La joie et le jeu disparurent et laissèrent place à l'agitation dans ses prunelles. Elle tenta de la camoufler.

« Chaïm. Chaïm Law, reprit son camarade. On commence par ça, même chez moi.
Vraiment ? demanda la vipère en laissant sa tête glisser vers la droite, ses cheveux cascadant sur son épaule. L'agitation qu'elle venait de ressentir se calma lentement et elle ferma les yeux, pressa ses paupières, avant de rouvrir les miroirs de son âme. Je pensais, peut-être à tort, que l'on commençait par emmerder les autres chez toi. »

Le sourire de la belle se fit étincelant de sarcasme et elle reprit, d'une voix toujours aussi basse et sensuelle, presque naturellement.

« Le souafle est au centre, un but partout. Ses pupilles brillèrent d'une gaieté étrange. La distraction que lui offrait Law était apaisante et frustrante. Un paradoxe, comme les centaines d'autres qu'elle vivait chaque instant. Shafiq. Alhena Shafiq. »

Sans attendre la moindre réponse, elle se retourna et fit quelques pas dans la direction opposée où il se trouvait, avant de lui faire face à nouveau. D'un mouvement, elle sortit à nouveau un crayon et son carnet à dessin et l'ouvrir sur l'ébauche qu'elle venait de commencer. Elle tourna la page pour en découvrir une vierge et releva un regard étrange sur Law. Un regard qu'il ne lui connaissait pas. Personne ne le connaissait ; il s'agissait de celui qu'elle possédait quand elle s'apprêtait à offrir à l'art une nouvelle œuvre. Un regard dangereux et concentré, emprunt d'une violente douceur.

« Ne bouge pas. »

L'ordre claqua comme un fouet, la sensualité disparaissant au profit d'une autorité acquise sur les odieux animaux qui lui servaient de famille. Quand elle eut l'assurance qu'il n'effectuerait que des gestes minimes, elle commença à tracer quelques traits, lents au début, puis son mouvement prit plus d'assurance et de vitesse. Durant une vingtaine de minutes, elle n'offrit pas un mot. Seul son regard et les expressions changeantes de son visage parlaient. Colère, jalousie, envie, méfiance, douceur, gaieté et bien d'autres, néfastes comme bénéfiques. Par moment, sa lèvre inférieure se retrouvait coincée entre deux canines. Parfois, sa langue glissait avec lenteur sur ses lèvres pour les humidifier. Le vent soufflait toujours et la pluie se rapprochait sans les atteindre. Elle rangea son matériel quand elle eut terminé et releva le dessin à côté du visage de Law. Elle observa les deux pendant quelques secondes, puis hocha la tête. D'un mouvement souple, elle sortit sa baguette et murmura une formule en caressant la page. Ce n'était qu'un monde éphémère, mais elle venait de lui offrir la vie pendant quelques années.

Elle rangea le carnet dans son sac ensuite et se rapprocha à nouveau de Chaïm avec lenteur. Elle ne s'arrêta que quand leurs corps ne furent séparé que par quelques petits centimètres, braquant ses yeux dans les siens. Elle résista à l'envi de pénétrer son esprit. Elle voulait toujours savoir et le sentiment qu'elle refoulait combattait toujours pour surgir, mais elle voulait découvrir les raisons par elle-même. Lire son esprit serait bien trop simple. Elle se jura de s'en servir avec lui pour, uniquement, vérifier. Il était un défi que la vie lui proposait et son âme d'artiste ne pouvait se résoudre à, d'une certaine façon, tricher.

« À partir d'aujourd'hui, tu m'appartiens, dit-elle avec sérieux, puis elle esquissa un sourire en coin. D'une certaine façon. »

La réalité était que son image lui appartenait, mais le Gryffondor n'avait pas besoin de le savoir. Son utilisation d'un briquet le plaçait dans la catégorie des sorciers qui avaient vécu dans le monde des futurs esclaves. Elle comprit qu'il ne pouvait connaître certains enchantements qui n'étaient pas expliqués en cours. Seule la curiosité permettait de les acquérir et... Même s'il faisait des recherches, il pouvait tout aussi bien tomber sur des maléfices horribles. Il y avait tellement de possibilités pour ce qu'elle venait de faire qu'il ne pouvait que fabuler. Le jeu ne durerait pas éternellement, mais sa durée serait exaltante. Elle avait conscience qu'il finirait par découvrir la vérité, rester à savoir combien de temps ça lui prendrait. L'esquisse commençait à se métamorphoser en œuvre, mais elle n'était pas encore complète. Ça ne la rendait que plus intéressante.

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Septembre 1996 ▬ L'ombre et la Lumière. [Ft. Alhena Shafiq.]

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